Si ses maisons agricoles importantes, qui bordent les deux côtés de la route de Lunéville à Gerbéviller, donnent déjà une idée de la prospérité de ce gros village, celle-ci s'accuse lorsqu'on parcourt le groupe de maisons qui se prolonge vers la rivière.

Xermaménil a compté 450 habitants en 1836 ; la Statistique de 1913 lui en attribuait 327. Il lui en reste 300.
Des 1 085 hectares de son territoire, 633 sont des terres arables, 162 des prés, 236 des bois.
Ses agriculteurs sont propriétaires.
Une très curieuse trouvaille a signalé cette localité à l'attention des archéologues au cours du dernier siècle : en 1848, à la limite de son territoire, vers Gerbéviller, on a découvert un véritable Trésor archéologique, qui, malheureusement, a été dispersé et est devenu la propriété d'amateurs et celle du Musée d'Épinal. Ce Trésor comprenait quarante pièces formant quatre séries d'objets : bracelets creux ovales ou ouverts, fort rares dans notre région, torques (colliers rigides), faucille, herminette, fers de lances et de javelots, etc. (Barthelémy).
Ce sont là souvenirs de notre Période Préhistorique.
Les documents d'Archives, qu'a réunis Lepage, sont peu nombreux pour Xermaménil. Ils le mentionnent au XIIème siècle ; ils donnent la liste de ses nombreux Seigneurs, liste que clôt le Marquis de Gerbéviller, mais ils parlent peu du village.
D'anciennes maisons, qui portent les caractéristiques des constructions du XVIIIème siècle, incitent à penser que Xermaménil a souffert des guerres du XVIIème. Les autres habitations sont, en général, importantes ; il est des fermes superbes. Un Moulin, sur la route de Bayon, est une construction du XVIIIème siècle.
Je n'ai rien à dire de sa Mairie et de son École.
Son Église, de date relativement récente, est un grand et bel édifice ogival, qui ne serait pas déplacé dans un quartier de grande ville. Sa voûte est soutenue par deux rangées de chapiteaux sommairement ornés ; l'abside est ample. Sous la table du maître-autel se détachent des personnages. La chaire est un beau morceau de menuiserie, et les bancs sont anciens.
Un Pont de pierre de cinq arches, dont l'entablement est anguleux, comme celui de Moyen que j'ai figuré, est jeté sur la Mortagne, entre Xermaménil et le village de Lamath qui est distant d'une centaine de mètres seulement.
J'ai dit qu'une gare de la ligne ferrée Lunéville-Bruyères dessert les deux villages.
Xermaménil a perdu neuf des Siens, pendant la Grande Guerre. Une Plaque Commémorative, fixée contre l'un des murs de l'Église, en consacre le souvenir.
Ce village a deux Châteaux, qui n'ont rien de remarquable : Le Magasin et le Château Froment. "



